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— C'EST TOUT VUᚏ JOUR 15

Une semaine filmique italienne, secondo giorno : Fantômes à Rome

By 31 mars 2020 No Comments

Les nouvelles en provenance d’Italie étant désespérantes, j’ai décidé la semaine dernière, histoire de m’aérer le cervelet angoissé, de troquer le décompte morbide des contaminés ou trépassés transalpins pour une cure 100% italiana de réjouissances cinématographiques diverses.

En bonus de ma recension des films découverts, je partagerai, en fin des articles de cette série, quelques utiles leçons pour communiquer avec nos chers voisins.

La recension a débuté hier avec le récent film Ultras. Aujourd’hui, changement d’époque et direction le début des sixties.

Film 2 : Fantômes à Rome (1961), de Antonio Pietrangeli, dispo en VOD.

Alerte, petite merveille de comédie fantastique. Également connue en France sous le titre Les Joyeux Fantômes, cette perle sixties -discrètement ressortie en salle fin 2010, d’où sa disponibilité en copie de bonne qualité- mérite amplement le détour, tant pour la drôlerie de son scénario anti-spéculation immobilière que pour l’inventivité de ses trucages. Écrit en partie par Ettore Scola, le scénario imagine un vieux prince désargenté vivant dans un palais flétri de Rome dont des promoteurs aimeraient faire un supermarché géant. L’occupant des lieux ne l’entend pas de cette oreille, mais son trépas va mettre à mal la sauvegarde de l’édifice : son neveu a bien moins de scrupules que lui et ne voit pas d’inconvénient à raser la demeure familiale pour empocher une belle somme.

Problème : les autres occupants du palais n’ont pas l’intention de voir leur habitat disparaître. Deuxième problème : ces autres habitants en question sont des fantômes de diverses époques (un bellâtre mort d’une chute en allant visiter une femme mariée, un moine glouton, une ingénue suicidée par déception amoureuse, etc.) menant la belle vie -enfin, belle mort- dans ce joyeux décor.

 

Réalisé par un ancien assistant réalisateur de Rossellini, le film bénéficie de trouvailles visuelles qui tiennent encore la route près de soixante ans plus tard – notamment dans les plans où apparaissent un Marcello Mastroianni dédoublé, puisque l’acteur joue à la fois le fantôme du Casanova d’opérette et le neveu alléché par la vente du palais familial. Outre le beau gosse de la Dolce Vita, on retrouve l’iconique Vittorio Gassman en spectre de peintre irascible aux cheveux d’or, le tout bercé par une musique de Nino Rota. Si après un tel name dropping de talents vous n’avez toujours pas envie de découvrir ce film, je ne peux décidément rien pour vous.

La leçon du jour

Lavorano molto in questo bar / Ils travaillent beaucoup dans ce bar

Ci sono molti vini in Italia ? / Est-ce qu’il y a beaucoup de vins en Italie ?

Il Lambrusco è amabile o secco. E’ un vino frizzante / Le Lambrusco est doux ou sec. Il est pétillant.

Buone vacanze ! / Bonnes vacances !

 

Alexandre Hervaud