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— L'HEUREUX CULᚏ JOUR 3

L’isthme

By 19 mars 2020 mars 21st, 2020 No Comments

On la connaît cette jolie mélodie ; quelques jours de congé devant nous, les rayons du soleil qui réapparaissent, la chaleur mêlée au vent frais sur notre peau… Et les poils se dressent. Vacances j’oublie tout, le rythme effréné du quotidien s’efface et la libido (comme la nature) reprend ses droits.

Avouez, vous ne pensez qu’à ça vous aussi. Plutôt, vous n’attendez que ça… N’espérez que ça. Pour une fois qu’on a du temps, beaucoup, beaucoup de temps devant nous pour jouir au possible, il y a encore un trouble-fête.

Peut-être êtes-vous confiné seul. Alors, vous êtes le roi. Et le Royaume de Pornhub vous a généreusement ouvert ses portes au premier jour du confinement. Vous vous êtes jeté sur toutes les vidéos en accès Premium. Vous avez au passage perdu quelques heures de télétravail, mais peu importe. Il est temps de se faire du bien ! Et on voit la cuillère creuser de plus en plus profond dans le pot de Nutella. Elle s’engouffre frénétiquement dans votre gorge, puis le récipient, navigue de l’un à l’autre sans pouvoir s’arrêter. Vous raclez même les bords. En quête d’une énième vidéo, vous voilà écœuré, dégoûté, épuisé. Ce Royaume, c’est Sin City.

À moins que vous ne soyez confinés à deux. Réjouissante perspective ! De véritables vacances avant l’heure ; roucoulades, câlinages, grasses matinées, siestes crapuleuses. La machine tourne à plein. Du bonheur en barre, vous croquez des tablettes de cacao à 70%. Enfin… C’est oublier que vous êtes quand même confinés. Oppressés. Un tantinet stressés. Vous consacrez aussi une partie de votre journée à réaliser les concessions d’usage et soutenir moralement votre moitié dans cette épreuve. Vous êtes plein d’envie, mais ne parvenez finalement pas bien à y répondre, ni pour vous-même, ni pour deux. Bonjour la frustration.

Ou alors, vous êtes confinés avec vos enfants. Finalement, c’est comme le confinement seul ou à deux, mais avec un peu plus d’interférences, d’imprévus, de rires, de pleurs, de vie. Au quotidien, vous maîtrisez déjà à merveille toutes les tactiques pour vous faire jouir sans vous faire ouïr. À la faveur d’une sortie des bambins dans le jardin, d’une fiévreuse partie de jeux-vidéos, le soir quand leur sommeil devient lourd… Bon, ok, vous avez clairement moins d’options qu’en temps normal.

Mais sus à la déprime ! Ne nous laissons pas aller, ne nous laissons pas abattre ! Ne gâchons pas toutes ces belles heures que la vie nous offre. Profitons de ces précieux moments où les poils se dressent. Apprenons à les écouter, autorisons-nous à y succomber.

Ona