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Les Cantos d’Hyperion, de Dan Simons - SURVI
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— JEAN-FRANÇOIS KIERZKOWSKIᚏ JOUR 25

Les Cantos d’Hyperion, de Dan Simons

By 10 avril 2020 No Comments

Les Cantos d’Hyperion de Dan Simons, Robert Laffont, 1991

Les Cantos d’Hyperion est un dytique de science-fiction formé de deux tomes : Hyperion et La chute d’Hyperion. Écrit en 1989, l’œuvre a été publiée en France en 1991. Il s’agit d’un Space opera (comme Star Wars) et tout le monde s’accorde à dire que c’est un monument de la littérature du genre (même moi, alors que d’habitude, les Space opera, ça me gave, y compris Star Wars).

Dans l’univers foisonnant d’Hyperion, il y a un détail qui marque : le système des portails distrans permettant une téléportation instantanée. Par exemple, vous êtes chez vous, dans votre salon, assis dans votre canapé à observer à travers votre baie vitrée les magnifiques canyons de la planète Trucmuche, vous vous levez pour prendre une bière au frigo et hop, grâce à un distrans incrusté dans votre mur, vous vous  retrouvez dans votre cuisine située en apesanteur, en orbite autour d’une autre planète lointaine. Pour la salle de bain, pareil : une fois la porte franchie, vous rejoignez des geysers d’eau chaude privatisés de la planète Tartampion, etc.

Ces portails, sont bien pratiques, parce que — j’ai oublié de vous dire — la planète Terre a disparu il y a des centaines d’années de cela, ce qui a obligé la diaspora humaine à s’installer aux quatre coins de l’univers. L’information circule tout aussi librement grâce à un réseau appelé Retz (qui utilise le même principe quantique que les distrans). Chaque humain dispose d’un Persoc qui lui permet de se connecter à l’Infosphère.

Le Retz, ça fait penser aux rets (filet), mais ça fait penser aussi au web (la toile). Le Persoc, c’est le téléphone portable et l’Infosphère, les réseaux sociaux. Pas mal pour un roman écrit en 1989 alors qu’Internet n’était qu’embryonnaire. Dans Hyperion, il existe aussi des zones blanches où l’on capte mal, du coup on s’envoie seulement des megatrans (en gros, des textos). Belles prémonitions de la part de Dan Simmons, non ?

L’éloignement que nous vivons actuellement fait penser à celui des personnages d’Hyperion qui, malgré l’absence d’une Terre commune, gardent un puissant réseau social de communication. Sauf qu’à la fin du diptyque, il y a un truc qui va faire frémir tous les hyper-confinnectés que vous êtes : l’intégralité des portails distrans tombe définitivement en panne. Des individus se retrouvent emmurés dans des pièces sans portes ni fenêtres réelles, des membres d’une même famille sont séparés à des millions d’années lumières les uns des autres parce qu’au moment du drame personne n’était dans la même pièce. Scène horrifique du genre : maman était en bas à faire du chocolat et papa en haut, à faire du gâteau. Toutes les distances qui paraissaient autrefois dérisoires deviennent insurmontables. Pareil pour le Retz et l’Infosphère : plus aucune information instantanée… L’humanité s’en mord les doigts : avoir misé sur une seule et unique technologie afin de conserver un semblant d’humanité n’était pas forcément la meilleure idée.

Prophétique, là aussi, Dan Simmons ?

Jean-François Kierzkowski

Illustration : Marek