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La route, de Cormac McCarthy - SURVI
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— JEAN-FRANÇOIS KIERZKOWSKIᚏ JOUR 42

La route, de Cormac McCarthy

By 27 avril 2020 No Comments

La route, de Cormac McCarthy (Éditions de l’Olivier, 2008)

Voici aujourd’hui l’un des romans post-apocalyptiques le plus connu de notre époque moderne : La route, l’histoire d’un père et de son fils traversant un monde dévasté à la suite d’une catastrophe indéterminée. Mort, souffrance, hommes revenus à l’état sauvage, cannibalisme… Rien ne nous est épargné et cela à un rythme aussi lent qu’oppressant. Le livre a été adapté au cinéma l’année suivante avec Viggo Mortensen dans le rôle-titre (celui du père, pas de l’enfant). Le film est aussi joyeux que le livre.

Le problème avec ce genre d’histoire, c’est qu’on en a vues des tonnes du même genre ces dernières années et, du coup, moi, je les mélange un peu toutes. Pour rappel, voici quelques titres ayant contribué à cette mode survivaliste : Je suis une légende (roman de Richard Matheson adapté au ciné en 1964 puis en 2007), Mad Max (film de 1979), Le fils de l’homme (roman de P.D. James adapté au ciné en 2006), Le livre d’Eli (au ciné en 2010), Sans un bruit (au ciné en 2018)… Dans mes souvenirs brouillés, ces histoires parlent toutes de Will Smith, aveugle, qui ne doit pas faire de bruit dans des rues remplies de zombies pour ne pas devenir stérile (dans cette dernière phrase, j’ai spoilé un des cinq films cités, à vous de retrouver lequel…).

Le succès de ces œuvres apocalyptiques est-il dû à la force de prédiction d’un monde hostile et en ruine après une catastrophe ? S’il existe un avenir inquiétant post-coronavirus, ressemblera-t-il réellement à un gigantesque dépotoir à ciel ouvert dans lequel les hommes déambuleront sans foi ni loi ? Tout le monde ne semble pas de cet avis :

« Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant, mais en pire. »

Ce n’est pas une citation de maître Yoda, mais de Jean-Yves Le Drian (bon, je vous accorde que les deux se ressemblent un peu). En gros, le chef de la diplomatie française pense que l’avenir post-confinement ne sera pas un monde en ruines comme dans La route, mais un monde comme celui qu’on connaît, avec des écarts davantage marqués dans les inégalités sociales et économiques.

Oui, mais est-ce qu’il y aura des cannibales et des mutants irradiés ?

Non, me répond Le Drian (parce que, j’ai oublié de vous préciser, Le Drian est chez moi en ce moment. À la suite d’une petite brouille avec sa femme il ne savait pas où passer son confinement. « Bien sûr, viens, Jean-Yves ! », que je lui ai dit), pas de cannibales ni de mutants, répond-il. Seulement des gens très pauvres d’un côté et des gens immensément riches de l’autre.

Ah, d’accord : en gros, ça sera comme dans Hunger Games. Et est-ce qu’il y aura comme dans le roman une population très riche qui s’amusera à organiser des jeux télé de survie pendant que les trois quarts de la planète crèveront réellement de faim ?

Oui, oui, rassurez-vous, il y aura toujours Koh-Lanta.

Bon, finalement, je me rends compte que je ne vous ai pas vraiment parlé de La route, aujourd’hui. En même temps, je dois vous avouer un truc : je n’ai jamais trop aimé ce bouquin. Alors pourquoi diable ai-je voulu en faire toute une chronique ? Bonne question… à laquelle j’essaierai de répondre la prochaine fois en compagnie de Benjamin Griveaux (Lui aussi passe son confinement chez moi. Une longue histoire…).

Jean-François Kierzkowski

Illustration : Marek