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Je vous tirerais bien... le portrait - SURVI
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— QUEL LEURRE EST-IL ?ᚏ JOUR 42

Je vous tirerais bien… le portrait

By 27 avril 2020 No Comments

Jour quelque part fin avril. Je suis sur Facebook, le réseau des vieux mais j’aime bien parce qu’il n’y a pas que des images. Je ne suis pas fan d’Instagram. Pourtant dedans il y a instamatic, instantané, am stram gram, autant de références rassurantes de mon enfance. Ça vient peut-être du fait qu’il y a surtout des kilos de pub pour ne pas prendre un gramme ou au contraire prendre des tonnes de muscles… Et que les gens se regardent un peu trop le nombril. Vous me direz, ils peuvent, maintenant qu’ils ont perdu leur bedaine. Merci les influenceurs ! Je me demande comment on faisait avant. Je me sens tellement mieux depuis que j’essaye d’enlever mon jogging avec les pieds en faisant le poirier. Je n’y arrive pas bien sûr, mais c’est challengeant comme on dit aujourd’hui. C’est comme tous ces défis qui pleuvent sur les réseaux. Abdos challenge de footballeurs, pompes challenge de rappeurs, cup cake challenge de cuisiniers. Il semble qu’on ait besoin de s’admirer, de s’imiter, de se comparer, de s’affronter, de dominer.

Adepte des reportages animaliers, je devrais m’y retrouver. On est revenu aux instincts primaires avec les réseaux. Aujourd’hui les primates sont épilés, huilés, retouchés, filtrés, mais se mesurent de la même façon. C’est à qui aura le plus beau, le plus grand, le plus visible territoire. Qui aura les faveurs de la femelle, ou du mâle dominant la sphère médiatique ? Franchement, savoir qui de Bob Sinclar ou de David Guetta aura le plus grand nombre de followers en live confiné, on s’en fout non ? Déjà en temps normal je m’en fous, parce que j’aime trop la musique pour les écouter. Mais là, ces concours de beats, ça fait mâle à la tête, non ? La grandeur humaine se mesure sur de petits écrans. On se sent de taille même si on n’est pas à la hauteur. Enfin je critique, mais je suis un peu à mettre dans le même panier. Un panier de crabes. À défaut d’un lit pour deux, je couche sur le papier des pensées qui, je l’espère, trouveront écho sur les réseaux. On ne tire plus nos photos, on ne tire même plus du tout en ce moment. Alors encore plus qu’avant on se tire le portrait. Après tout, moi aussi j’ai le droit de rêver à mon lot de têtes jaunes et de pouces en l’air et pas des Chinois qui font du stop !

Biboustar74