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Drap, peau, en berne - SURVI
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— QUEL LEURRE EST-IL ?ᚏ JOUR 31

Drap, peau, en berne

By 16 avril 2020 No Comments

Jour je sais plus combien : aujourd’hui, une pensée pour les parents qui se démènent pour occuper leur progéniture. C’est la croix et la tanière en ce moment. D’ailleurs en parlant de ça, y’en a une chez moi qui commence à trouver le temps long. Je sens qu’elle a les boules. Reléguée au second plan depuis un mois, ratatinée, confinée dans le noir, repliée sur elle même. Au sens figuré, si seulement… « Il est loin le temps où j’étais gonflée d’orgueil », me murmure-t-elle. « Aujourd’hui j’en suis réduit à jouer les seconds rôles, tout juste bonne à évacuer la pression, même pas celle des bistrots, comme un gland ! »

Je l’observe, là, posée sur mon oreille, nostalgique, je voudrais l’aider, lui mettre un coup de sang, lui dire de ne pas se laisser abattre, de se retrousser le manche et de partir au combat. Mais je sais que le jour venu du déconfinement, elle sera prête. Au sens propre cette fois, par hygiène déjà, mais surtout car une armée de valeureux soldats n’a qu’une seule idée en tête : se lever et jaillir comme un seul homme. Je me sens nostalgique à mon tour. Je repense aux moments où nous étions libres elle et moi. Libres d’aller et venir, vibrant de concert, gravissant les cols par temps sec ou humide.

Ha, on peut dire qu’on faisait une belle paire. Je m’en veux de n’avoir que des écrans pour la divertir. Nous avons besoin de réel, de chaleur humaine. Normal pour des latins, qui plus est venant de Gaule. Alors je ferme les yeux et imagine. Je me prends à rêver. Il y a du monde sur les terrasses, les verres s’entrechoquent au milieu des rires, dans une douce chaleur de fin de journée. Serait-on déjà en juin ? Des beatniks en affiche devant me le confirment. Ils jouent ici dans trois jours pour la Fête de la musique. Alors j’imagine ma belle, arrivant vers moi au ralenti, les plis de sa jupe m’entraînent dans leur danse. Elle se rapproche. Elle est là. Un sourire éclatant dessiné par des lèvres qui invitent à un baiser poignant. Je me lève et l’étreins. Pardonnez-moi général, mais je peux vous le dire, ce sera La pelle du 18 juin. D’ailleurs, je suis déjà au garde-à-vous.

Biboustar 74