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— DE LA CONFITURE AU CONFINÉᚏ JOUR 2

Highlander

By 18 mars 2020 avril 2nd, 2020 No Comments

Forcément en cette période, il y a un titre de film qui me revient à l’esprit. Un film avec un de nos trésors nationaux, un film ou un acteur a joué cet été un bodybuildé à la retraite pendant que Sneazzy faisait du surf. Je parle de Christophe Lambert et donc de Highlander. Si la blague récurrente est que s’il devait en rester qu’un ce serait Michel Drucker (alors qu’en réalité, il suffirait qu’on dise que Michou est mort à cause du virus pour que tout le monde prenne conscience de la dangerosité du bazar), cette saga nous a montré qu’à la fin, ce qui gagne, c’est la parité. Suivez le raisonnement et la réhabilitation de ce pan de pop culture.

Highlander très honnêtement contient tout ce que vous recherchez dans une œuvre majeure. C’est romanesque, des gens sont en kilts, il y a des voyages dans le temps, des chansons de Queen, un match de catch, des nazis, des bagarres avec des épées et à la fin on comprend que ce qui est le plus important c’est l’amour. Encore plus que l’immortalité. On voit bien que Connor Mac Leod, il est pas confiné le type. Le premier film est tout à fait regardable : un peu ringard esthétiquement, mais c’est précisément pour cela qu’il en est attachant (cette logique ne marche plus avec Subway par contre avec Christophe encore). Cependant, pour qu’un film rentre au rang de saga démodable mais capitale, les dérivés doivent comporter une chronologie stricte dans le n’importe quoi. Le second doit vouloir proposer toujours plus sans cohérence avec l’idée de base. Highlander II c’est exactement cela (il y a eu 4 montages différents en plus, mais là j’ai le temps de vous l’expliquer car j’ai une compote à la banane que je dois surveiller sur le feu). On est dans le futur. C’est une apocalypse qui n’a aucun sens avec le soleil qui tue des gens (on ne juge pas cette idée, on va peut-être tous y passer à cause d’un pangolin). Du coup, Cri Cri d’amour invente un bouclier géant (on y vient, aucun putain de rapport avec le premier film, où il voulait juste sauver son couple ; le mec cela fait 10 000 ans qu’il vit, toujours pas résolu l’équation de l’amour, tu m’étonnes qu’on galère nous en consultant uniquement Biba). Après y a une histoire de futur, de voyage dans le temps encore, de bagarre, de Christophe qui rajeunit après avoir coupé des têtes (cela n’est pas vérifiable scientifiquement, continuez à vous acheter des crèmes anti-rides). Absolument rien n’a de sens, le film est sous-éclairé continuellement, mais on se dit « ça va plus loin que le 1 tout est raté par contre ».

Cette théorie marche avec Les Visiteurs (plus d’idées, ni de Muriel Robin, tout est raté) ou Robocop 2 (plus de robots, ni de pubs parodiques, ils ont rien compris au message d’origine et au cynisme initial, tout est raté). En général, une saga boucle sa boucle avec un troisième film navrant de bêtise pas drôle. C’est pour être certain que les acteurs ne voudront plus signer de contrats ensuite. Comme ils piquent tout l’argent car le film est désormais monté sur leur nom, y a plus d’argent pour les scénarios ou des réalisateurs/rices convenables. Les Bronzés 3 : mauvaise publicité au Club Med. Les Visiteurs 3 : des gens sont sortis de la salle en se disant « c’est pas mal la révolution en fait, si en plus on croit Highlander, je vais vraiment aller couper des têtes ». Robocop 3 : il vole, Robocop a des ailes, tout est dit. Le Flic de Beverly Hills 3 : Eddie va faire des manèges à San Francisco dans un parc. Fin du game. En général, à ce point de non-retour, il y a une désertification dans les salles de cinéma, les noms en haut de l’affiche sont souillés à jamais (pas Christophe Lambert, lui après Highlander il a tourné Hercule et Sherlock, une histoire d’enquête avec des chiens ; on appelle cela la confiance indéfectible en son talent, ne croyez pas les livres de développement personnel, croyez Cri Cri). Donc on se tourne vers le média moins regardant (enfin c’était le cas à cette époque) : la télévision. Et là on adopte son matériau de base en série. Highlander a donc donc migré vers M6 et avec le même concept que le premier (Queen, on coupe des têtes, des éclairs, des histoires d’amour, des kilts) fut développé sur 100 épisodes. La série a cependant été paritaire puisqu’une suite a été réalisée avec une immortelle. Et c’est peut-être là où le tout peut être réhabilité : il aura fallu 3 films à Christophe, à peu près 72 voyages à travers les siècles, une série de 4 saisons avec son cousin du Nord de l’Écosse, pour qu’enfin les scénaristes se disent « mais oui, les femmes aussi peuvent couper des têtes pour rajeunir, pas besoin de crème ». Et si vous placez toute cette démonstration dans vos futurs dîners mondains, vous aurez à la fois réhabilité un pays, un acteur et vous paraîtrez éveillés aux problématiques sociétales et concernés par le vieillissement des cellules.

À demain (toujours optimiste, par contre je sais plus quand c’est le week-end désormais).

Jocelyn Borde