Warning: Creating default object from empty value in /homepages/44/d821061045/htdocs/app821061203/wp-content/themes/salient/nectar/redux-framework/ReduxCore/inc/class.redux_filesystem.php on line 29
Butthole Cut Cats - SURVI
loader image

Ayé on est vendredi. On est censé se dire : « chouette, demain c’est relâche, en plus y a du beau temps, petit barbecue au calme ». Perso, je devais travailler demain. Mais pour l’organisation de la venue de Casey et son nouveau projet Ausgang, donc cela aurait été de la joie (oui mon bonheur est assez sombre). En réalité, plus de week-end, nous allons vivre une journée comme le reste de la semaine pour les confiné(e)s. Ce serait totalement idiot de se plaindre, il y a des gens qui travaillent et risquent leurs vies, d’autres qui devront bientôt en reprendre le chemin. Visiblement pour certains patrons d’usines de boulons, leurs dividendes seraient indispensables à la survie de la Nation. Pour ceux ayant le chance (comme moi) de pouvoir télé-travailler, notre seule survie provient de trois choses assez basiques : ne pas sortir, continuer à manger quelques légumes en plus du houblon et trouver des astuces pour remplacer les habitudes. Après les apéros par Whatsapp pour oublier le bar, après les nudes envoyés à son crush pour tenter de maintenir le lien (ah oui non là c’est pareil qu’avant le confinement), après les milliers de papiers administratifs qui ne furent pas triés et reportés à demain, il faut trouver une nouvelle occupation. De mon côté, je regarde donc des films et écoute des disques. Rien de bien aventureux par rapport à d’habitude. Sauf que je suis malin.

Je m’en vais donc partager mon savoir. Que fait-on le samedi soir ? Beaucoup vont danser avec de beaux habits (tout du moins qui permettent de rentrer dans les établissements de nuit). Pour la bascule, il vous suffit de mater La La Land. Emma Stone et Ryan Gosling sont beaux, dansent mieux que nous, les décors ont une autre tronche que nos salons et la morale de tout cela est que l’on est plus heureux et épanoui à travers notre passion qu’en tentant une histoire d’amour qui finira inévitablement en eau de boudin. Comme pour tout vraie sortie en boîte de nuit, vous allez être euphoriques, faire tourner votre jupe et vous graisser trop la mèche, vivre un pic d’adrénaline et vous sentir seul(e) comme une merde dans la nuit sombre sur le trottoir au final. À Lorient, ma patrie d’origine, nous avions une solution pour cette déprime post-coït éthylique : le distributeur 24/24. Ce distributeur garni d’aliments très mauvais pour la santé et de produits de première nécessité participait à notre bonheur. Sincèrement, aller acheter un paquet de rouleaux de PQ à 6 heures du matin après avoir bu beaucoup trop de mauvaise vodka à 80 euros la bouteille, il n’y a rien de plus satisfaisant. Alors certes La La Land se destine à un lectorat en recherche de précieux : de la musique jazz, un cocktail au nom de plage, des costumes tirés à quatre épingles et deux personnes qui, si elles faisaient l’amour, risqueraient de concevoir le bébé le plus beau au monde. Direct il remplacerait n’importe quel enfant des pubs Kinder. En même temps, ce serait certainement une bonne option que cette marque de chocolat arrête son positionnement publicitaire autour d’enfants ayant partagé les photos de classe du petit Grégory.

Nous ne souhaitons pas que tous nos samedis soirs soient cependant empreints de grâce, de cocktails dans les beaux quartiers et d’espoir quant à l’histoire qui pourrait changer notre vie. Des fois on veut simplement du crade. On enlève la partition de jazz pour la déglingue. En restant dans le film musical, il vous suffit de lancer The Dirt. Le film est objectivement nul  à chier, mais vous donnera inévitablement envie de lire le livre. Là aucune fabulation (probablement ce qui est le plus effrayant), nous sommes sur un biopic du groupe Mötley Crüe. Quatre mecs dans des pantalons en cuir pratiquant du glam-rock au mieux sirupeux au pire mouille-culottes et étant la définition même de musiciens du diable. Pêle-mêle des activités aussi distrayantes que sniffer des fourmis avec Ozzy, des overdoses, des gang-bangs, un mariage avec Heather Locklear puis Pamela Anderson pour leur batteur. À côté de cela, des concerts avec des flammes, des cascades, des groupies toutes nues et des pentagrammes en carton-pâte. Nous sommes dans l’aspect le moins reluisant du rock, celui où l’on prend une guitare pour se taper des nanas au coin du feu. Vous croyez que votre petit cousin a appris à chanter Wonderwall pour ambiancer les soirées marshmallows ?  Désolé de vous l’apprendre, il a simplement la bite en surchauffe. Peut-être pas autant que Vince Neil.

Nos quatre loustics, eux, ont décidé de ne pas chanter des histoires de marins solitaires ou de chevaux qui s’en vont dans la mer, mais d’oublier les métaphores et les sous-textes. Un de leur album s’appelle Girls Girls Girls : je n’affirmerai jamais que les Mötley Crüe étaient les amis de la gente féminine, mais on ne peut leur reprocher d’avancer masqués. Ce sont de dangereux psychopathes et certainement que ce produit Netflix ne rend pas justice à leur caractères non pas borderlines mais à la limite du suicide permanent. Pour vous en rendre compte, deux extraits du livre. L’un où Tommy Lee, le batteur, décrit une de ses journées type qui consiste à se lever sans savoir où il est, vomir, reboire, baiser une inconnue dans un couloir, vomir, monter sur scène, jouer de la batterie la tête à l’envers, sortir de scène, vomir, boire, boire boire, se droguer, se taper avec ses potes, casser sa chambre d’hôtel, se coucher dans la mauvaise chambre, recommencer. Ce qui est fascinant dans leur histoire est qu’ils n’apprennent jamais de leurs erreurs, ne remettent jamais en question leurs comportements et sont suffisamment cons pour ne pas se dire : « Est ce que tous nos malheurs type décès d’ami car je me suis crashé avec lui saoul en voiture de course, femmes qui ont perdu toute estime d’elle-mêmes à nos côtés et overdoses » ne seraient pas les conséquences d’un comportement excessif ? Après, voir leurs tronches en 2020 est la meilleure campagne sur la prévention des risques liés à l’alcool. Ce livre ou plutôt cette lecture vous donnera au choix : l’envie de savoir quand vient le dernier verre lors d’une soirée sans attendre la cloche du tenancier, de ne pas gérer d’adolescents car qui sait ils peuvent devenir les Mötley Crüe, ne pas porter de pantalon en cuir car cela doit irriter le fessier et enfin de respecter l’espèce humaine et trouver celui ou celle pour cultiver votre potager. Après l’adaptation cinématographique ne rend pas hommage au chaos de leur vie et, comme Harry Potter, ce que vous voyez à l’écran ne va pas aussi loin que ce que vous imaginiez. Pour ceux n’ayant pas lu cette saga, personne ne se drogue ou fait laper du lait à une groupie déguisée en chat avant de la sauter dans les loges. Tout du moins j’ai pas lu le tome 8 des aventures du petit sorcier et la pièce de théâtre, peut-être qu’il s’encanaille (ce qui serait étonnant puisqu’une des dernières visions que l’on a de lui à la toute fin de la saga, il ressemble au Prince William et Kate ou des gens aussi morts de l’intérieur que tous les mannequins visage de la Redoute).

Cependant nous ne souhaitons pas tous vagabonder le samedi soir à la recherche du partenaire d’un soir pour combler notre solitude. Qui pourra également nous caresser les cheveux avec soin quand on lui racontera comment se faire piquer sa part de Mont Blanc en colonie de vacances fut un cap dans notre existence. En réalité, dans ce voyage, ce fut surtout de voir deux enfants de 8 ans comme moi, frère et sœur m’expliquant fièrement que leur plus grand souhait dans la vie était de marier entre eux. J’ai compris assez rapidement que l’humanité courait à sa perte. Aussi car des moniteurs m’avaient obligé à me laver avec des gants pour la toilette. Plus que les deux débats constitutifs de tout Internet, à savoir pain au chocolat ou chocolatine et lait avant ou après les céréales, qui se lave avec un gant ? Tous tes microbes et tes saletés résident dedans, alors qu’avec du savon et tes mains que tu as préalablement passé sous l’eau, la propreté est certaine. Il y a des gens sur cette terre qui visualisent leur samedi soir parfait comme rester peinard sur leur canapé avec leur chat. Mais même pour ces personnes ayant raté leur vie, je pense à elles dans ma grande mansuétude. Car durant le confinement, vous vous rendez-compte que votre chat n’évolue pas. On est en semaine 4 et toujours aucune roulade arrière, il ne vous a toujours pas cuisiné un petit plat et ne répond pas à son nom quand on l’appelle (aux croquettes peut être. En fait on prend un chat qui réagit avec autant d’indifférence et de mépris qu’un compagnon après six mois de cohabitation dans 48% des cas, selon une statistique que je viens d’inventer). Comme tous les YouTubeurs cinéma actuellement, je vais vous parler de Cats. À la différence près que je ne l’ai pas vu. Je ne suis pas un vidéaste lambda à la recherche d’attentions et n’ai pas l’intention de réaliser des vidéos du type « manger rouge pendant 24 heures » ou ma morning-routine (je me lève à la bourre, fais pipi, vais sous la douche, fais caca, oui je défèque après ma douche, mais je ne me lave pas avec un gant donc cela reste semi-propre, vais devant mon ordinateur et gère mes mails avec un jus AOC pour me faire croire que mon quota de fruits et légumes peut être atteint dans un gobelet réutilisable de ce que l’on appelait festival et qui a dû contenir dans sa vie des mélanges très douteux). Après il suffit de disséquer la bande-annonce pour constater le drame. Nous sommes donc sur une adaptation d’une comédie musicale où les chats marchent à quatre pattes, chantent. Des êtres humains qui ont des têtes de félins, cela s’apparente à la fin du monde ou tout simplement une mode qui peut arriver sans prévenir. Je vous rappelle qu’il y a dix ans tous les hipsters de mon espèce se sont mis à porter sans raison des chemises à carreaux. Un projet incompréhensible où chaque participant a vécu un enfer, ou les acteurs et actrices se battent pour ne plus être cités. Mais loin de toutes ces stars qui ont touché un très gros chèque, les créateurs des effets spéciaux ont eu eux de vrais soucis : comment gérer l’apparition des anus de ces chats humains à l’écran ?

Oui, car comme Donald Duck, ils n’ont pas de pantalon, mais visiblement des troufions en 3D cela ne serait guère vendeur. Heureusement le cerveau humain est fantastique et cette bande-annonce avec trous de balle existe et nous prouve que l’humanité finalement mérite d’être encore sauvé. Et cela grâce aux gens ayant compris le confinement avant tout le monde : les propriétaires de chats. Eux n’espéraient déjà plus rien, ils avaient abandonné. Si votre samedi soir à caresser tendrement votre plus fidèle ami en riant intérieurement en pensant à tous ces abrutis s’amusant facticement comme tout bon samedi soir sur terre. Si ces instants où vous donnez toute votre tendresse et amour pendant que lui fêle et vous montre de manière éhontée son derrière en se cambrant. Cela pour vous signifier que comme n’importe quelle groupie de Mötley Crüe qui se respecte, il préférerait aller se faire un bon shooter de lait au bar, alors ce film est pour vous. Et si vous vous plaignez de cette mise en pause d’une partie des activités mondiales, dites-vous qu’on a créé un monde où, pour nous divertir, on invente des films tels que celui-ci, ou des techniciens ont dû se poser la question d’effacer ou non toute trace de fondement félin (en même temps plus besoin de gant de toilette ainsi) :

« Quand on regardait les images, on s’est dit : « Bordel ! Vous avez vu ça ?! » On a mis sur pause. On a appelé notre chef, et on lui a dit : « Putain il y a des trous du cul dans le film ! Il y a des trous de balles ! ». Ce n’était pas proéminent mais on le voyait… (…) Ce n’était pas en plein milieu mais en même temps, si on regarde, on le voit. (…) Personne ne s’est dit : « On veut des trous de balle ». C’est juste un de ces trucs qui est juste arrivé, est passé entre les mailles du filet. »

À Lundi pour visiblement l’attente de l’annonce du siècle. Pas celle de la fin du confinement, non du monde d’après. Et croyez-moi quand Castaner prend part à la réflexion de nouvelles règles dans l’humanité, on est plus proche de la déchéance de Mötley Crüe que d’une soirée au coin du feu à caresser son chat en écoutant Miles Davis. Cela risque de secouer. À défaut de pouvoir accueillir Ausgang, un peu de rage qui ne fera pas de mal avant cette allocution qui risque d’être plus  problématique que n’importe quel comportement décrit dans cet article.

Jocelyn Borde