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— DE LA CONFITURE AU CONFINÉᚏ JOUR 1

Avant-propos

By 17 mars 2020 avril 2nd, 2020 No Comments

Nous y voici, ce moment charnière. Celui où l’on se rend compte. South Park avait tout prédit. Enfin peut être pas l’intégralité, PornHub étant accessible à toutes et tous, pas de pénurie sur les fluides. Il n’y avait déjà pas de limite d’âge, désormais même plus de plafond de carte bleue. Visiblement en cette période douloureuse et anxiogène, on doit ré-apprendre à lire, à rester chez soi, à se cultiver, à regarder les plantes pousser. On nous donne le temps de vivre pour ne pas mourir. On nous commande de ne pas le gâcher toutefois. C’est le moins que l’on puisse faire au regard du sacrifice réel de celles et ceux sur le terrain pour que la vie continue.

Qu’à cela ne tienne, en geste citoyen, hors de mes heures de télé-travail, je vais m’ouvrir et me confronter à une œuvre loin de mes radars habituels. Quitte à ne pas sortir, allons voir au-delà de sa zone de confort. Et tenter de faire rire quelques comparses parfois oubliant un peu le reste du monde. Mais des œuvres très grand public, sans jugement ni critique malhabile (quelques blagues tout au plus). Je propose de redécouvrir des pans majeurs de la culture populaire, que moi travailleur du spectacle vivant je peine parfois à prendre le temps de comprendre. Et également vous partager mes non-plaisirs coupables, mes jouissances constitutives que l’on abhorre pas en premier lieu lors d’un rendez-vous galant pour faire son intéressant.

Je pense que vous allez avoir déjà pleins de belles recommandations prestigieuses à l’intellect certain, vous n’avez pas besoin de moi pour cela. Enfin si ce n’est pas le cas, posez-vous des questions sur vos amis virtuels. Ou peut-être sur vous. Voilà le baromètre de ce virus : si tes amis sur Facebook ne publient que des fake news à base d’armées et de plantes de thé pour soulager les maux, c’est qu’à défaut d’avoir raté ta vie, certains t’aident au niveau de l’angoisse pour le restant. Alors je vous promets que chaque jour ou quasi (tu vas faire quoi si je suis pas à l’heure, venir sonner à ma porte avec une attestation ?) viendra une recommandation d’une œuvre que tout le monde connaît, mais que l’on ne défend pas dans les dîners mondains. Ils ont quelle tête à ce propos ces fameux dîners dans l’ère présente ?

Acceptons la honte, les Mystères de l’Amour se regardent avec délectation jogging tâché. Je parle de sauce bolognaise, aucune référence au chapeau introductif.

A demain (je deviens optimiste avec l’âge).

Jocelyn Borde