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"Alain !" - SURVI
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— RENDS-MOI MON BALLONᚏ JOUR 44

« Alain ! »

By 29 avril 2020 No Comments

Il manquait une rubrique sportive à SURVI. On a sollicité un grand reporter de L’Équipe et France Football, Jean-Marie Lanoë, pour écrire des billets. Troisième épisode : direction Valence-sur-Rhône.

Je ne sais plus de quel match il s’agit, j’en ai tellement couverts pour « L’Équipe » que la mémoire me lâche. Pour ce qui est des résultats, et du ballon, très peu de souvenirs ! Mais les émotions ressenties, elles, qu’elles soient belles ou perverses ou… les deux, demeurent. En voici une grosse « comme ça ».

Ça se passe dans les vestiaires d’après-match ; à Cannes, je crois, mais plus je raconte cette histoire et moins j’en suis sûr ! Les archives du journal ne donnent rien. Peut-être l’équipe, l’AS Cannes, dont Alain Moizan était le capitaine était-elle en déplacement à Paris ? Oui ! Suis-je bête ! La suite va le montrer ! Le papier en direct a été téléphoné aux sténos, me voici dans les vestiaires, au milieu d’hommes nus – c’était comme ça à l’époque – pour les interviews d’après-match. Il faut faire vite. Le capitaine cannois est déjà rhabillé. Et seul. Je fonce, carnet et stylo en mains ? J’avais déjà eu affaire à Moizan, je le tutoie.

  • « Alain?
  • Oui?
  • Tu as pensé quoi du match ? »

Il me débite toutes ces bonnes paroles habituelles et qu’on attend normalement d’un joueur a fortiori capitaine. Quelque chose comme : « Eh bien il me semble que l’équipe a déjoué avant la pause avant de se reprendre ensuite, non ? ».

Ça fait toujours bizarre qu’on vous retourne la question. Je poursuis :

  • C’est vrai qu’avec les deux remplaçants, ça a été beaucoup mieux !
  • J’ai trouvé aussi, heureux que tu sois d’accord avec moi ! Jeannot Fernandez a eu le nez creux de les faire rentrer. C’est un bon entraîneur.
  • Et puis, vous avez eu du mérite. C’est vrai que le voyage n’a pas été de tout repos pour venir jusqu’ici.
  • Ben tu sais, moi, de toute façon, j’aime bien arriver deux heures avant le match… Je suis venu en voiture.
  • ??? De Cannes ?
  • Ben non, de ma banlieue…

Malaise. Soudain je m’écrie :

  • « Alain Azhar ! Putain ! Cinq minutes que je te parle croyant que j’ai affaire à Alain Moizan !
  • Je sais qu’on se ressemble un peu et comme on s’appelle tous les deux Alain, je n’ai pas percuté tout de suite que tu me prenais pour l’entraîneur! »

Alain Azhar était alors journaliste au Parisien. Ses traits, assez comparables à ceux de Moizan, m’ont trompé et dans le vif du stress, on a pu se parler comme ça cinq bonnes minutes avant de comprendre tous deux l’invraisemblable quiproquo. Lui aussi, s’est foutu dedans ! Pas de quoi, néanmoins m’ôter ce sentiment de honte. Le « Seum » diraient mes enfants qui connaissent mes (nombreuses) bévues par cœur…

Jean-Marie Lanoë