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À l’heure où nous sommes empêchés de nous mouvoir à notre guise, l’émotion vient à poindre à la simple lecture d’Adonis. Je ne le connais guère. C’est fou comme nous ignorons tant des poètes non francophones ou bien anglais, éventuellement, Yeats en tête.

Une amie, Valentina, Grecque et forte en dons d’émotions fortes, m’a un jour fait un don. J’ai noté lettres à lettres ce poème qu’elle tutoyait. C’était un soir de retrouvailles, où chaviraient nos cœurs et nos pensées parisiennes, après une repas coloré, voyageur. C’était, alors que nous évoquions nos voyages et souvenirs respectifs de contrées éloignées, un instant de grâce.

Je me souviens sa voix, notre écoute frémissante, car figurait parmi l’auditoire mon immense ami aux racines hispaniques relevées.

Jean-Christophe Baudouin

JE VOYAGE – ADONIS

Je voyagerai au creux d’une vague

D’une aile

Je visiterai les âges qui nous ont quittés

Et les sept galaxies

Je visiterai les lèvres

Et les yeux lourds de glace

Et la lame étincelante dans l’enfer divin

Je disparaîtrai

La poitrine ceinte de vents noués

Laissant mes pas au croisement des chemins

Loin

Dans un désert