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— C'EST TOUT VUᚏ JOUR 7

“Adieu les amis, adieu le silence fou”, par presque Vincent Delerm

By 23 mars 2020 No Comments

On peut avoir des absences sans forcément être ivre ni drogué. C’est en tout cas ce que je me suis dit en retrouvant ce lundi matin sur mon bureau un post-it griffonné hier et oublié depuis. C’est mon écriture, aucun doute là dessus -en même temps, je suis seul chez moi donc le contraire serait méga flippant- et force est de constater qu’on peut déchiffrer ces terribles mots : “reprise Bailando par Vincent Delerm”.

Et là, tout m’est revenu. Sans savoir pourquoi car le cerveau est un organe mystérieux, j’ai repensé hier au tube de l’été 1996 Bailando du groupe d’eurodance belge Paradisio (Wikipedia m’a appris qu’ils étaient belges, en tout cas le compositeur Patrick Samoy l’est, même si la chanteuse Marisa est bien 100% andalouse). Je l’ai réécouté ce matin avec un plaisir immense, en dansant – oui, je vis sans complexe car pas de vis-à-vis direct.

J’aimais beaucoup ce morceau – j’ai le droit, j’avais 12 ans à sa sortie et mon obsession musicale cette année-là se résumait au premier album des Spice Girls- et il n’est sans doute pas pour rien, avec Ska-P et les films de Alex de la Iglesia, dans mon goût pour la langue espagnole. Allez savoir pourquoi, je me suis donc demandé ce que donnerait une reprise a cappella de ce truc par Vincent Delerm, car c’est le genre de questions qui me hantent, parfois.

J’aime bien les mashups, les crossovers improbables – big up DJ Chelou. Fin 2014, j’avais voulu me lancer dans une grande série d’enregistrements de lecture façon “comédien de théâtre” des paroles de rap français. Cinq ans plus tard et flemme oblige, le bilan n’est pas glorieux : mon rachitique Tumblr Les MC de la Comédie Française ne contient qu’une seule piste (et du Black M, pour ne rien arranger). N’ayant actuellement que ça à faire et ne disposant pas du contact de Vincent Delerm -bien qu’il semble très accessible sur les réseaux sociaux, mais je n’ai pas souhaité le déranger pour autant-, je me suis dévoué pour produire moi-même cette reprise de Bailando a cappella par Delerm. L’enregistrer ne me paraissait plus seulement amusant, mais carrément indispensable parce que, si on y réfléchit bien, l’eurodance belge c’est clairement plutôt printemps-été, alors que Delerm c’est franchement automne-hiver, du coup en les mélangeant bah ça fait les quatre saisons comme Vivaldi ou les pizzas. Je pense que ma démonstration est implacable. Bonne écoute :

Et puisque tout le monde n’a pas la chance d’être hispanisant, je vous colle ci-dessous une traductions des paroles, lourdes de sens par les temps qui courent. Sur ce, je vais relire Cervantes.

Oui monsieur, effets spéciaux, yè, yè, yè

Oui monsieur, une tentation, yè, yè, yè

Toi et moi à la fête / Toi et moi toute la nuit

Toi et moi à la fête / Toi et moi Dansant dansant

Adieu les amis, adieu le silence fou

Dansant dansant adieu les amis, adieu le silence fou

Oui monsieur, couronne de cristal, yè, yè, yè

Oui monsieur, une émotion, yè, yè, yè

Toi et moi à la fête / Toi et moi toute la nuit

Toi et moi à la fête / Toi et moi

Dansant dansant adieu les amis, adieu le silence fou

Dansant dansant adieu les amis, adieu le silence fou

La lune était pleine, au-dessus au-dessus d’un palais

Un paradis qui s’appelle Paradisio

Toi et moi à la fête / Toi et moi toute la nuit

Toi et moi à la fête / Toi et moi

Dansant dansant adieu les amis, adieu le silence fou

Dansant dansant adieu les amis, adieu le silence fou

Adieu les amis, adieu le silence fou

Je danse sensuellement

Nuit romantique

Mélodie

Alexandre Hervaud